Internet : une Europe à deux vitesses

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Selon les statistiques publiées en novembre 2008 par la Commission européenne, l’Internet à haut débit poursuit son extension en Europe. Certains pays de l’Union européenne occupent les premières places du classement mondial.

Avec 17 millions de lignes ouvertes en un an (+19,23 %), l’Europe dispose de 107 millions de lignes fixes à haut débit en juillet 2008, soit un taux de pénétration qui est passé de 18,2 % en juillet 2007 à 21,7 % en juillet 2008. Le Danemark et les Pays-Bas occupent toujours les premières places pour le haut débit, au niveau européen comme au niveau mondial, avec un taux de pénétration supérieur à 35 %, suivis par la Suède, la Finlande, le Royaume-Uni, le Luxembourg, la Belgique, la France et l’Allemagne. Ces neuf pays forment ensemble le peloton de tête en matière d’infrastructures à haut débit en Europe, dépassant les Etats-Unis, où le taux de pénétration était de 25 % en juin 2008 (chiffre OCDE).

Les pays ayant enregistré le taux de croissance le plus élevé entre juillet 2007 et juillet 2008, sont Malte (+ 6,7 lignes pour 100 habitants), l’Allemagne (+ 5,1) et Chypre (+ 4,9). L’écart entre les pays de l’Union se réduit, passant de 28,4 % en juillet 2007 à 27,7 % en juillet 2008 entre le premier pays du classement, le Danemark, avec un taux de pénétration de 37,2 %, et le dernier pays du classement, la Bulgarie, avec un taux de 9,5 %. L’étude de la Commission européenne explique cet écart par le manque de concurrence et les déficiences de la réglementation. Si les parts de marché des opérateurs historiques de réseau fixe à haut débit se stabilisent autour de 45 %, elles ont augmenté depuis 2007 dans certains pays comme l’Autriche, la Bulgarie, la France, l’Irlande, la Lituanie, la Roumanie et l’Espagne. Selon la Commission, ces obstacles au développement du haut débit devraient être surmontés grâce à la réforme en cours de la réglementation européenne des télécommunications.

Avec 21,6 millions de lignes fixes haut débit, l’Allemagne occupe la première place des vingt-sept pays européens, devant le Royaume-Uni (16,7 millions) et la France (16,6 millions). Trois quarts des lignes à haut débit dans l’Union ont des débits descendants de 2 Mbps ou plus, une vitesse qui permet de regarder la télévision sur Internet. Pour 62 % des lignes, le débit offert est compris entre 2 et 10 Mbps. Pour 12,8 % des lignes, elle est supérieure à 10 Mbps. Seulement 1,4 % des abonnés à Internet en Europe disposent d’une connexion allant jusqu’à 100 Mbps et plus, grâce notamment à la fibre optique.

Pour la première fois, des chiffres sont publiés sur le haut débit mobile (3G) en Europe. Le Danemark, la Grèce, l’Allemagne, l’Italie, la Slovénie et l’Espagne ont un taux de pénétration supérieur à 10 % (base : population totale) pour l’Internet haut débit mobile. La moyenne de l’UE est de 6,9 %, variant de moins de 1 % en Belgique ou à Chypre, à près de 20 % en Espagne.

Avec près de 86 millions de lignes, le DSL (Digital Subscriber Line) reste la principale technologie haut débit au sein de l’Union européenne. Cependant, les autres technologies, le câble, la FTTH (Fiber To The Home) et les boucles locales sans fil, enregistrent désormais un taux de croissance supérieure. Prévoyant un financement d’un milliard d’euros supplémentaires pour les infrastructures Internet, le plan de relance économique de la Commission européenne devrait permettre de proposer à tous les Européens un accès haut débit (144 Kbps) d’ici a 2010 et un accès à l’Internet à grande vitesse (2 Mbps) d’ici à 2015. La France, quant à elle, a pour objectif un accès Internet à haut débit

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