Mèmes

    (internet). Dans le langage des internautes, un mème est un concept propagé largement et rapidement sur Internet. Cet « événement internet » peut prendre la forme d’un lien sur un site web, d’une vidéo, d’un tag, d’un dessin, d’une photo, d’une expression ou encore d’un simple mot. Une fois publié, le mème se répand à l’image du buzz (rumeur sur Internet) par la volonté des internautes par l’intermédiaire des réseaux sociaux, des blogs, des outils de messagerie ou de sites web. Les mèmes sur Internet sont nés sur le réseau Usenet, avant le Web, au sein des forums de discussion utilisant un langage illustré de photographies ou d’expressions issues de films, de mangas ou de jeux vidéo pour faire des commentaires ou des critiques sur un mode humoristique. Dans les années 1990, une brève animation de hamsters dansant sur quelques notes de musique en boucle a fait le tour de la planète. Aujourd’hui parmi les plus célèbres mèmes, on trouve encore la photographie d’une tête de chouette, sur laquelle est inscrite l’expression O RLY ? (oh realy ?) pour se moquer d’une évidence, détournée à foison par les internautes avec des visages d’hommes politiques ou de célébrités. La plupart des mèmes sont d’origine américaine, avec quelques exceptions comme le français MER IL ET FOU (Mais il est fou) repris sur bon nombre de dessins ou vidéos de sites francophones.

    Reprenant des dialogues ou des scènes cinématographiques cultes, les mèmes sont le plus souvent humoristiques, parfois satiriques ou politiques. Plus rares, ces derniers servent à fédérer une revendication comme le courriel intitulé Save Sesame Street invitant les internautes à pétitionner contre les coupures budgétaires du réseau public de télévision PBS ou encore la série Flying Spaghetti Monster, images d’un visage constitué de nouilles enroulées avec deux boulettes de viande à la place des yeux pour protester contre l’enseignement de la théorie créationniste dans certaines écoles américaines. Quelle que soit sa version initiale, le mème, qui peut être repris sans être modifié, fait bien souvent l’objet de réinterprétations et de détournements divers au gré de l’imagination des internautes qui le rediffusent. Certains mèmes ont une croissance rapide et un impact populaire important, tandis que la plupart disparaissent avant d’avoir commencé à faire le tour de la planète internet. Les mèmes sont des éléments de l’air du temps sur la Toile. Repérés par les professionnels du marketing et de la publicité afin de connaître les tendances les plus populaires du Net, les mèmes sont également devenus des outils du marketing viral pour accroître sans frais la notoriété d’un produit en profitant du phénomène de contagion propre à Internet.

    Le terme mème n’est pas né avec Internet. Il a été in- venté par le biologiste britannique Richard Dawkins dans son ouvrage Le Gène égoïste publié en 1976, qui en donne la définition suivante : « Unité d’information contenue dans un cerveau, échangeable au sein d’une société ». Le mème désigne un élément culturel reconnaissable (une habitude, un phénomène, une attitude…) répliqué et transmis par imitation (mimesis en grec) du comportement d’un individu par d’autres individus et non transmis par la génétique. Le concept de mème s’applique autant à des habitudes de la vie quotidienne comme la mode par exemple, qu’à la religion (Dieu est un mème). Selon Richard Dawkins, les mèmes sont des « réplicateurs », comme le sont les gènes pour les êtres vivants, qui influent sur l’évolution des cultures humaines, celles-ci se développant également selon le principe de la sélection naturelle. Comme le gène pour le vivant, le mème est l’élément de reproduction et de transmission des cultures (in Wikipédia).

    Les mèmes seraient donc ces « unités d’information » qui font la culture populaire d’Internet et au-delà. Selon l’informaticien britannique Garry Marshall, « Internet est un système mémétique complet » grâce à sa technologie (IP) et l’usage qu’en font les internautes.

    REM N°18-19, Printemps-été 2011

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    Ingénieur d’études à l’Université Paris 2 - IREC (Institut de recherche et d’études sur la communication)

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