News Corp. en position pour prendre le contrôle total de la chaîne allemande Premiere

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Après s’être encore renforcé au capital de Premiere, News Corp. a obtenu de la Commission européenne l’autorisation sous condition de prendre le contrôle de la chaîne à péage.

Après avoir franchi la barre des 20 % de capital dans Premiere (voir n° 6-7 de La revue européenne des médias, printemps-été 2008), condition sine qua non d’une prise de contrôle effective de la chaîne à péage, News Corp. a multiplié les initiatives pour se mettre en situation de prendre le contrôle total du leader de la télévision payante en Allemagne. Le 5 mai 2008, la Commission européenne précisait avoir reçu notification « d’un projet de concentration par lequel l’entreprise News Corporation acquiert le contrôle de l’ensemble de l’entreprise Premiere AG par achat d’actions ». La notion de « contrôle », initialement présentée par Rupert Murdoch, PDG de News Corp., comme la volonté d’exercer une influence significative sur Premiere, pourrait toutefois signifier qu’une prise de contrôle de la totalité du capital est envisageable, au cas où News Corp. souhaiterait intégrer complètement la chaîne cryptée allemande dans son pôle européen de télévision payante par satellite.

Dans cette éventualité, News Corp. proposait début juin 2008 à la Commission européenne une série d’aménagements, afin d’éviter une enquête approfondie des autorités de concurrence. Alors que la Commission européenne devait se prononcer initialement le 11 juin 2008, la phase d’examen de l’opération a été reportée jusqu’au 25 juin 2008, date à laquelle les services européens de la concurrence ont finalement autorisé sous condition la prise de contrôle de Premiere par News Corp.

Afin d’éviter que l’opération ne renforce la position de Premiere sur le marché allemand de la télévision à péage, la Commission européenne a pris acte de l’engagement de News Corp. de garantir l’accès des tiers à la plate-forme technique de Premiere, une neutralité technologique déjà effective en Allemagne où les abonnés de Premiere peuvent, avec leur décodeur, recevoir également des chaînes concurrentes. Cet engagement interdit donc à News Corp. de calquer sur le système de diffusion de Premiere sa technologie de cryptage, utilisée pour ses autres plates-formes européennes et développée par sa filiale NDS Group. La question pourrait avoir de l’importance en cas de prise de contrôle de la totalité du capital de Premiere par News Corp., si la chaîne allemande devait être intégrée aux activités européennes du groupe. Reste que News Corp. poursuit sa montée au capital de Premiere. Le 19 mai 2008, le groupe annonçait être passé de 22,7 % à 25,01 % du capital de la chaîne à péage. Par ailleurs, le limogeage du patron de Premiere, Michael Börnicke, en septembre 2008, et son remplacement par le directeur financier de News Corp. pour l’Europe et l’Asie, Mark Williams, pourraient annoncer à terme une prise de contrôle définitive de News Corp. sur Premiere. Au début du mois d’octobre 2008, le nouveau PDG fait état de pertes brutes d’un montant compris entre 40 et 70 millions d’euros. Il dévoile en même temps qu’un million d’abonnés ont été comptabilisés par erreur. La chaîne doit ainsi obtenir l’accord de ses banques afin d’échelonner le paiement de sa dette, dans cette période de crise financière inaugurée par la chute mondiale des Bourses, le 15 septembre 2008.

Sources :

  • « News Corp. accroît sa participation dans Premier AG à 25,01% », La Correspondance de la Presse, 20 mai 2008.
  • « Prise de contrôle de Premiere : News Corp. propose des aménagements à Bruxelles », La Correspondance de la Presse, 6 juin 2008.
  • « L’Union européenne autorise sous conditions News Corp. à prendre le contrôle de Premiere », La Correspondance de la Presse, 26 juin 2008.
  • « L’ombre de Murdoch plane sur la télévision à péage en Europe », N.S., Les Echos, 1er juillet 2008.
  • « Le magnat des médias resserre son étreinte sur Premiere », Karl de Meyer, Les Echos, 12 septembre 2008.
  • « Premiere révèle 1 million d’abonnés fantômes et plonge en Bourse », Karl de Meyer, Les Echos, 6 octobre 2008.

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